| |
Cofondateur de la Cinémathèque française en 1936, G. Franju est après-guerre un des maîtres de l'école française du court-métrage, utilisant des commandes pour faire exploser sur l'écran une poésie de la violence ou de l'insolite. Influencé par l'expressionnisme, il aborde le long métrage au temps de la Nouvelle Vague, et y recrée un fantastique social, teinté de surréalisme, au service de sujets souvent littéraires dont le point commun est le conflit entre l'individu et les institutions.
"Qu'est-ce qu'un visionnaire? Le visionnaire n'est pas celui qui voit autre chose, mais celui qui voit plus loin, qui ne s'attarde pas à la beauté extérieure des choses. 'La violence n'est pas le but, la violence est le moyen. Mon but étant toujours la réalité. Je crois qu'il n'y a que la vérité qui soit belle.' Analyste de lui-même et de ses ¿uvre comme seuls ont pu l'être Hitchcock ou Truffaut, Franju nous offre une ¿uvre brève mais dense, et surtout extraordinairement cohérente. L'homme ressemblait à ses films. C'est un régal de l'écouter exposer ses idées sur les sujets qui lui étaient chers : le fantastique, l'insolite, le réalisme, la violence, la peur. Et le cinéma, qu'il connaissait comme personne. 'Le fantastique est toujours dans la forme. L'insolite est dans la situation. Si on voit un type qui se balade à la campagne avec un fusil de chasse sous le bras, c'est un chasseur. Le même type qui se balade sur les Champs-Élysées avec un fusil sous le bras, ce n'est sûrement pas un chasseur.' Qui dit mieux ?" J.Bazin, A.S. Labarthe. |