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L'HOMME AUX SEMELLES D'OR |
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Réalisateur |
Omar AMIRALAY
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Producteur |
AUDIOVISUEL MULTIMEDIA INTERNATIONAL PRODUCTION
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Durée |
53min |
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Année |
2000 |
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Catégorie |
Programme Unitaire |
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Genre |
Documentaire
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Programme co-produit par ARTE France |
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Collection / Série |
LA BOURSE ET LA VIE
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Le réalisateur, Omar Amiralay, rencontre Rafiq Hariri, riche entrepreneur libanais devenu premier ministre . Un film dérangeant et intelligent qui interroge le rapport de l'intellectuel à l'argent et au pouvoir. |
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Dans le Liban d'aujourd'hui, déchiré par des conflits confessionnels constants, écrasé par le poids de sa dette extérieure et désormais soumis au pouvoir de l'argent, la figure de Rafiq Hariri tient une place tout à fait singulière. "Sauveur" du pays pour certains, "fossoyeur" pour d'autres, cet homme d'affaires multimilliardaire propulsé sur la scène politique en 1992 (deux fois en tant que Premier ministre) suscite de nombreuses controverses.
Plus qu'un portrait, le documentaire témoigne, sur le mode du pamphlet ironique, de cette impossible et improbable rencontre entre l'intellectuel et le politicien. Appelé à la prudence par ses proches (et notamment par sa mère) quant à ses entretiens avec Hariri, Omar Amiralay sait la difficulté de sa tâche. Les premières images de son film situent l'action avec un rare talent cinématographique (un Beyrouth dévasté dont des ouvriers trient les déchets, une séquence où les gestes sont décomposés, les gros plans multipliés) pour ensuite tenter d'entrer dans le vif de l'entretien. Les premières approches sont infructueuses : dans son bureau luxueux surplombant Beyrouth, Hariri s'enferme dans le silence du pouvoir et n'en sort que pour exprimer sa méfiance. Puis, lors des deux entretiens, le cinéaste se met à l'épreuve avec sincérité et vit dans la peur de se laisser amadouer. Surpris par le charme et le côté sympathique de l'homme, Omar Amiralay oriente peu à peu son film sur sa propre déstabilisation, comme pour signifier son échec. Un échec qui s'avère finalement une réussite, tant cinématographique qu'intellectuelle. Car usant de son pouvoir de cinéaste, Amiralay parvient à détourner la situation à son avantage. De commentaires ironiques en questions insidieuses et en cadrages intelligents, il questionne nos préjugés, interroge le rapport de l'intellectuel au pouvoir (jusqu'où peut-on approcher en toute liberté le pouvoir ? comment préserver la juste distance critique ? qui manipule qui ?) et invite le spectateur à se méfier des images que les hommes politiques et les puissants se sont fait une profession de manipuler.
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