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Après "Nos traces silencieuses", un documentaire remarquable où Sophie cherchait à renouer avec son passé à partir des traces laissées sur sa peau tout en interrogeant des personnes également marquées dans leur corps, Sophie Bredier et Myriam Aziza prolongent cette quête de l'origine avec "Séparées". Arrivée à l'âge de 4 ans en France, Sophie Bredier désire aujourd'hui retrouver sa famille biologique (son père qui l'a abandonnée et sa demi-soeur) et revoir les lieux de son enfance. Accompagnée de deux amies, une traductrice et Myriam Aziza, elle entreprend des investigations auprès des responsables de son ancien orphelinat, de l'administration... et tente de raviver ses maigres souvenirs. Porté par la voix de Sophie, le film déborde de la simple investigation personnelle, la quête de sa famille s'avérant finalement vaine. Alors qu'elle traverse ce pays qui ne la reconnaît plus et où elle se sent culturellement étrangère, qu'elle goûte les moindres petites choses de la vie coréenne à la recherche d'un simple souvenir, qu'elle cherche désespérément une trace administrative de son existence, Sophie mène aussi l'enquête sur l'adoption et la séparation en Corée et essaye de comprendre comment le sentiment de séparation est vécu en Corée, ce pays où les familles vivent le drame de la partition Nord-Sud depuis cinquante ans. Partant à la rencontre d'hommes et de femmes qui ont perdu un frère ou abandonné leurs enfants, et du producteur d'une émission populaire qui réunit des familles dispersées, Sophie cherche à saisir pourquoi l'abandon d'enfants est si fréquent en Corée...À travers ces interviews faisant écho à sa propre histoire où l'empathie est trop forte pour qu'elle surmonte ses larmes et les révélations quant au fonctionnement illégal de certaines adoptions, la jeune femme révèle les moeurs d'un pays où la reconnaissance sociale semble plus importante qu'un enfant. Un sentiment de révolte, de tristesse et d'étrangeté traverse ce film où se glissent des images volontairement vieillies, des silences, comme pour rappeler la fragilité des souvenirs et de l'identité... |