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  ROMAN KARMEN UN CINEASTE AU SERVICE DE LA REVOLUTION
 
 
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  Réalisateurs Dominique CHAPUIS
Patrick BARBERIS
  Producteurs KUIV PRODUCTIONS
ARTE FRANCE
  Durée 1h30min42s
  Année 2001
  Catégorie Programme Unitaire
  Genre Documentaire
  Programme co-produit par ARTE France
 
  "De tous les arts, disait Lénine, le cinéma est pour nous le plus important." Roman Karmen, ambassadeur non officiel de la cause soviétique, s'est conformé toute sa vie à cette maxime. De la guerre d'Espagne à l'instauration du gouvernement d'unité populaire au Chili en passant par la Seconde Guerre mondiale et la révolution cubaine, ses images, parmi les plus fortes du XXe siècle, sont connues de tous mais son nom est souvent ignoré. Un portrait captivant de ce général soviétique qui fut aussi le cinéaste d'un siècle de révolutions. Un documentaire exclusivement composé d'extraits de films et de photos de Roman Karmen.
 
  Qui est Roman Karmen : officier, propagandiste, cinéaste ? Au service du régime soviétique, il est correspondant de guerre de presse filmée en Espagne en 1936, envoyé spécial en Chine en 1938 pendant la guerre sino-japonaise, mobilisé dans l'Armée rouge pendant la Seconde Guerre mondiale, responsable de la délégation soviétique à Nuremberg. Il passe du ciné-journalisme à la mise en scène et vice versa, n'hésitant pas à reconstituer des événements majeurs non filmés tels que la bataille de Stalingrad. À partir des années 50, il se fait l'ambassadeur itinérant des révolutions socialistes... Roman Karmen est un personnage complexe, multiple, qui ne regarde que ce qu'il veut montrer, partant du principe qu'il n'existe pas de vérité au cinéma.
En relatant le parcours hors du commun de Roman Karmen, le documentaire de Patrick Barbéris et Dominique Chapuis s'intéresse à la fonction de l'image ou, plus exactement, à la manipulation de celle-ci. Une image comporte toujours une signature, ne serait-ce qu'à travers le point de vue choisi ; il faut la façonner, la construire avant de l'enregistrer. Roman Karmen, qui le sait, place le spectateur au coeur même des combats, aussi bien dans ses "fictions" ou films journalistiques tournés après coup que dans ses documentaires de guerre. Karmen n'est pas à l'abri de clichés, nourris de ses idéaux politiques. Fidèle défenseur du socialisme, il est de tous les combats, avec sa caméra pour arme : il encense les héros soviétiques du travail à l'usine, filme les grands symboles du socialisme comme l'alphabétisation à Cuba, dresse le portrait de Mao, encore inconnu, en train de lire Staline, et ignore délibérément la terreur qui gagne son pays en livrant des images de voiliers et de bien-être en pleine période de goulag...