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En 1995, dans la baie de Saint-Malo, deux plongeurs amateurs tombent sur des canons gisant par moins de dix mètres de fond. Ils font partie d'un bateau extrêmement bien conservé. Une équipe d'archéologues sous-marins dirigée par Élisabeth Veyrat et Michel L'Hour, experts en épaves récentes, est chargée de dégager le navire et ses trésors. Au fil de ses investigations, elle s'interroge : s'agit-il d'un bateau corsaire, comme le suggère le passé de Saint-Malo ? Date-t-il de la fin du XVIIe ou du XVIIIe siècle ? Est-ce l'épave du Saint-Jean-Baptiste, qui disparut corps et biens aux abords de la cité corsaire en février 1714, en tentant d'échapper aux navires anglais alors que la tempête faisait rage ?
Victime du relief sous-marin de l'entrée du port de Saint-Malo - le "nid de guêpe", comme l'appellent les marins anglais -, le bateau retrouvé s'est échoué à un mile de sa destination. Il semble que ce soit l'épave d'un navire de corsaires. Les Malouins, traditionnellement pêcheurs de morue, étaient régulièrement mandatés par le roi pour capturer les navires ennemis et faire commerce de leurs cargaisons. Cette activité était bien plus lucrative que la pêche - et moins dangereuse que celle de pirate, illégale... Mais s'agit-il réellement d'un bâtiment corsaire ? De quelle époque est-il ? D'où venait-il ? L'équipe d'archéologues doit reconstituer un puzzle géant à partir d'éléments entassés sur un mètre cinquante d'épaisseur, rongés par le temps et couverts de sable. C'est l'étude des poutres du navire qui permet finalement de déterminer, à l'année près, la date de sa fabrication. Et la découverte d'ossements d'un jeune macaque permet aux zoo-archéologues de conclure que le navire a dû passer par Gibraltar... |