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"Disneyland, mon vieux pays natal" est une balade troublante dans l'univers "magique" du plus célèbre des parcs d'attractions. S'ouvrant sur l'inquiétante fable du joueur de flûte - qui donne le ton de tout le récit -, ce film à la première personne saisit le malaise au coeur du merveilleux. Il n'y a ni rires ni fanfares. Seulement des visages muets, des êtres étranges et déguisés qui s'agitent sur une musique lointaine ou au rythme de percussions lentes. Puisant dans la matière documentaire que lui offre sa visite, Arnaud des Pallières déplace le récit vers la fiction. Chaque activité, chaque rencontre est l'occasion de raconter d'autres histoires, d'autres mythes, de rêver à l'enfance perdue... Dans ces différentes séquences ouvertes par les questions étranges d'un personnage numérique qui accueille les visiteurs à l'entrée du parc - Préférerais-tu avoir un robot ou un bébé chez toi ? Être une colombe ou un hibou ? -, le réalisateur réintroduit le poids des cauchemars dans la machine à rêves (les rapports pervertis du travail, la mort, l'abnégation...). Teinté de mélancolie douloureuse, le film observe la dimension paradoxale de Disneyland qui, bien qu'en dehors du temps et vecteur de rêves, reste un miroir de notre société et de ses désillusions. |